De la santé économique française


Au gré des conversations, des interventions journalistiques et politiques, j’entends de ci de là que la France va mal. Mon ressenti et mon opinion personnels divergent parfois fortement des conclusions dans les différents débats, quelle que soit la sensibilité politique des interlocuteurs. Particulièrement en cette période de campagne électorale pour les élections européennes qui se tiennent le 26 mai 2019. En tant que citoyenne française et pour faire le choix d’un projet européen dans une démarche éclairée, je me suis plongée dans les statistiques officielles pour comprendre objectivement ce malaise économique ambiant afin de me faire une idée précise de la maladie dont souffre la France. Car la France souffre, c’est indéniable. Mais de quoi ? Est-ce grave docteur ?

Une démarche citoyenne avant tout

Si le peuple français ne croit plus à la capacité de ses élus pour gouverner le pays, alors qu’il prenne le contrôle. Légalement et pacifiquement. La France est un pays de droit qui se doit d’obéir à des lois sous peine de chaos. Les lois sont-elles mauvaises ? Obsolètes ? Inadaptées ? Le cas échéant, il est temps de les changer. Comment ? En prenant le pouvoir. Celui des urnes. Pas forcément en exerçant la dictature de la rue. Les élections européennes approchant à grands pas et avec elles le risque d’un vote sanction, disposer d’une information factuelle me paraît indispensable pour faire le choix d’un projet européen en mon âme et conscience.

L’exercice du pouvoir est rude et ingrat. Il implique l’obtention d’un consensus qui induit forcément des concessions, donc des imperfections. L’intérêt général doit supplanter l’intérêt particulier et la pilule est parfois difficile à avaler. Il est impossible de contenter tout le monde. Comme dans toute négociation, l’accord doit reposer sur une acceptation de toutes les parties en présence qui, en signant le contrat, aussi imparfait soit-il, doit profiter au plus grand nombre. Chacun doit y gagner et personne ne doit en ressortir avec le sentiment d’être lésé.

Or aujourd’hui le peuple français se sent floué, impuissant et désengagé de ce grand débat sur la santé de son pays. Pour preuve, la participation au grand débat national lancé par le gouvernement dans une tentative d’apaisement du mouvement des gilets jaunes. Les réunions locales, tenues majoritairement dans les zones rurales, ont rassemblé environ un demi million de français. C’est peu pour un pays qui compte 67 millions d’âmes. Le profil plutôt « âgé » (plus de quarante ans et majoritairement des retraités) et masculin des participants en dit long sur l’absence d’intérêt des millenials (les 20-39 ans, la fameuse génération Y), les futurs leaders de notre grande nation. Car – faut-il le répéter ? – la France est quand même au 7ème rang des puissances économiques mondiales en 2018. Je fais mon mea culpa en avouant n’y avoir pas participé non plus. Mais quelle est ma légitimité ? Cette question me trotte toujours dans la tête.

Les annonces du président Macron pour calmer les esprits et montrer sa bonne foi dans la recherche d’une solution à la grogne nationale n’ont pas réussi à convaincre les intéressés. La machine de la déception est de nouveau en marche. Sans mauvais jeu de mots.

Le pays du coq tricolore se sent malade. La France est-elle un malade imaginaire ? C’est la question que je me pose en contemplant la statue de Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, rue de Richelieu. Un croisement propice à la réflexion. Comment déterminer objectivement et sans partialité politique la santé économique de mon pays ?

Avant-propos

Mon propos n’est pas de dresser un portrait exhaustif de la situation – j’en suis bien incapable – en prenant en considération toutes les dimensions qui définissent un pays – institutionnelles, économiques, sociales, sociétales, environnementales – mais de me focaliser sur l’analyse des principaux indicateurs macro-économiques. Cette démarche, certes réductrice, est une proposition pour un débat. En effet, les sujets de décentralisation, de politique internationale et de justice sociale par exemple sont clairement absents de mon analyse, alors qu’ils me paraissent tout aussi essentiels que les indicateurs économiques. Néanmoins, n’ayant aucune expertise sur ces sujets techniques et à forte connotation idéologique, je ne me sens nullement légitime à proposer une ébauche d’analyse.

Je n’ai pas non plus la prétention de proposer une démarche d’expertise sur le sujet macro-économique, n’étant ni journaliste économique ni même médecin de mon état. Je livre le résultat d’une simple réflexion de citoyenne qui a fait quelques recherches pour comprendre le monde qui l’entoure. Cette réflexion s’apparente probablement à une discussion de comptoir au bistrot et n’a pas vocation au prosélytisme. Si les chiffres officiels sont indiscutables, mon interprétation et les conclusions que je tire de leur analyse peuvent s’avérer sujet à controverse. Je suis donc ouverte à tout débat contradictoire sur ma compréhension.

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