De la santé économique française

La perception française des inégalités de revenus

Alors que le mouvement des gilets jaunes réclame une meilleure répartition des richesses, les inégalités de revenus deviennent centrales dans cette analyse. Il semblerait que celles-ci soient le nerf de la guerre et des revendications. Je poursuis donc mes recherches pour comprendre si la France est un pays où règnent les inégalités de revenus. La lecture des différents articles parus dans la presse de tous bords ces derniers mois me laisse dubitative. En effet, les points de vue diffèrent. Il paraît indispensable de m’éloigner des interprétations journalistiques et de me concentrer sur l’analyse des statistiques pour me faire une opinion.

Le coefficient GINI, une mesure européenne des inégalités

Au niveau européen, le coefficient GINI mesure les inégalités de revenus. Le revenu comprend les salaires, les revenus du travail non salarié, les revenus du capital et les transferts monétaires reçus de l’État (les allocations et aides de l’Etat), déduction faite de l’impôt sur le revenu et des cotisations de sécurité sociale. Le coefficient est déterminé sur une échelle de 0 à 1, la plus grande valeur indiquant un écart important de revenu entre les plus riches et les plus pauvres. Contrairement aux idées reçues, la France avec un coefficient de 0,291 est un élève dans la moyenne européenne (0,305), sensiblement au même niveau que l’Allemagne (0,294). L’Italie (0,328), l’Espagne (0,341) et le Royaume Uni (0,351) creusent les écarts.

L’indice inter-décile, l’indicateur de l’INSEE

Je complète mon analyse par la consultation de l’indice inter-décile publié par l’INSEE pour comprendre l’évolution du niveau de vie en France entre 1996 (période de référence : base 100) et 2016. Les déciles D1 à D9 partagent la population en dix : 10 % des personnes ont un niveau de vie inférieur à D1, 20 % à D2, etc. Le graphique ci-dessous, difficile à appréhender pour les non-initiés, montre que 2008, marquant le début de la crise, est une année charnière dans l’évolution du niveau de vie. Même si le niveau de vie des ménages les plus modestes (les 3 premiers déciles) n’a pas retrouvé son niveau d’avant la crise, leurs revenus ont connu la plus grande progression sur la période comparativement au niveau de vie des plus riches (les 3 derniers déciles).

Source : INSEE
(Insee-DGI, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux rétropolées de 1996 à 2004 ;
Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux de 2005 à 2016)

Selon l’INSEE, en 2016, « la tendance est inverse à celle de 2015, année marquée par une progression du niveau de vie surtout pour les plus aisés. L’augmentation du niveau de vie est plus forte pour les trois premiers déciles : entre + 1,4 % et + 1,5 % en 2016 ». Dans son rapport, l’institut national des statistiques indique : « La hausse du niveau de vie est nette en 2016 jusqu’au septième décile […]. Les ménages de niveau de vie intermédiaire bénéficient principalement d’une baisse d’impôt sur le revenu en raison du renforcement du mécanisme de la décote, dont l’augmentation des plafonds permet soit de diminuer le montant de l’impôt, soit de ne plus en payer. »

La France ne se démarque pas sur l’inégalité des revenus entre les plus riches et les plus pauvres au niveau européen. Les ménages français les plus modestes ont connu jusqu’en 2016 une augmentation proportionnellement plus importante à celle des plus riches.

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