De la santé économique française

La répartition de la valeur ajoutée

Pour aller au-delà de la constatation que la France a réussi à réduire ses inégalités de revenus, j’ai voulu comprendre comment est structuré le revenu français. La richesse créée est redistribuée aux différentes parties prenantes de l’activité économique : les salariés perçoivent des salaires, les actionnaires des dividendes, l’Etat des cotisations, les créanciers des intérêts d’emprunt et le reliquat est à l’entreprise pour investir.

Malgré les destinations diverses de la valeur ajoutée, le débat public se focalise sur la répartition entre la rémunération du travail (salaires) et celle du capital (dividendes et intérêts). La bataille caricaturale entre les pauvres salariés d’un côté et les méchants capitalistes de l’autre. Or, j’apprends par une étude menée conjointement par les organisations syndicales et celles du patronat dont les conclusions ont été publiées en mars 2019 (communications disponibles sur le site de la CFDT et celle du MEDEF) que la part de la rémunération salariale dans la valeur ajoutée est stable depuis les années 1970. Contrairement à l’idée reçue d’une meilleure rémunération du capital en défaveur des salariés.

Depuis la crise de 2008, la France avec le Royaume Uni ont d’ailleurs mieux résisté que leurs partenaires européens, même si les origines de cette résistance divergent. Au Royaume-Uni la part du travail progresse très nettement, de 4,6% du PIB, en raison du dynamisme des salaires, de la baisse du taux de chômage et de la hausse de l’emploi grâce à l’immigration. En France, l’évolution de la part du travail est très légèrement positive (0,6%) : « la hausse de l’intensité capitalistique (c’est-à-dire la part d’utilisation des équipements dans les facteurs de production au détriment du travail) a été compensée par une progression des salaires réels supérieure au surplus total (la richesse créée), permettant à la part du travail dans la valeur ajoutée de se maintenir à un niveau quasi-stable voire en légère progression ».

Contrairement à une idée largement reçue, la part de la rémunération du travail dans la création de richesse n’a pas diminué au profit de la rémunération du capital. Elle est même en légère progression.


Ainsi, l’analyse des grands indicateurs mesurant la richesse française ne démontre nullement que la France va mal. Elle est certes à la peine sur le marché du travail pour fournir à chaque français un travail avec un taux d’emploi très inférieur à la moyenne des pays développés, mais elle compense cette insuffisance par une productivité tout à fait honorable. De plus, la France a réussi réduire, certes faiblement, ses inégalités de revenus, mais ne se démarque pas sur ce plan de ses voisins européens en restant dans la moyenne. Le corollaire de cette conclusion est que la perception des français sur l’état de leur économie est biaisée.

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