De la santé économique française

Le rôle de la psychologie dans le malaise français

Dans mes (lointains) souvenirs d’étudiante en sciences économiques, l’économiste britannique John Maynard Keynes expliquait que la psychologie joue un rôle clé dans le comportement des ménages, des entreprises et des investisseurs financiers. Les français auraient peur pour leur avenir et seraient donc frileux à la perspective de changement pensant qu’il pourrait induire une situation dégradée. Cette inertie serait corroborée par l’étude du taux d’épargne des français.

Un révélateur : le taux d’épargne

Les fourmis françaises font des réserves

Le taux d’épargne est défini comme le rapport entre le montant épargné, donc détourné de la consommation, et le revenu net disponible. Pour reprendre la fable de La Fontaine, les français ne chantent plus comme les cigales mais font des réserves comme les fourmis. Les Français et les allemands sont les champions de l’épargne en Europe d’après les données Eurostats pour 2017 avec des taux d’épargne respectivement de 13,88% et 17,30% quand la moyenne de la zone euro s’élève à 11,80%. Ce taux d’épargne élevé traduit une incertitude croissante quant aux perspectives d’avenir et permet dans l’inconscient collectif de se prémunir contre le risque d’un coup dur.

La fourmi est mauvaise gestionnaire

Cet excès de prudence est cependant contre-productif pour les ménages français. Si celui-ci est prudent, il est aussi mauvais gestionnaire, puisqu’il privilégie des placements sans risque sur des livrets bancaires à très faible rendement comme le livret A (80% des français en possèdent un) qui lui font perdre de l’argent au final. Sa rémunération de 0,75% par an ne compense pas les effets de l’inflation (la hausse des prix) estimée à 1,9%. En France, 70% de l’épargne est placée dans des produits sans risque contre 39% aux États Unis qui privilégie l’investissement dans ses entreprises via le marché des actions. Je constate aussi que la part du revenu des français qui dort sur des comptes courants (donc non rémunérés) a fait un bond de 25% depuis la crise de 2008 portant son montant à 400 Mds €, immobilisés et donc improductifs. Un paradoxe. Nous épargnons beaucoup pour des clopinettes au cas où.

Parce que l’incertitude concernant notre capacité à faire face aux nouveaux défis mondiaux en termes d’emploi sont grandes, nous faisons des réserves pour mieux préparer l’arrivée d’un coup dur. Ce comportement est certes rationnel, mais la gestion de cette réserve ne l’est nullement. Un défaut d’information financière ampute sérieusement les lourds efforts consentis par les français. Probablement un axe d’amélioration à creuser.


Les Français n’ont pas confiance dans leur avenir et accumulent des réserves en dépit du bon sens, certainement dû à une insuffisance d’information et d’éducation financière.


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