Une halte en Suède au cœur de Paris



Hej* ! IKEA, le plus célèbre fabricant de meubles en kit, a débarqué dans le centre de la capitale et les files d’attente s’allongent déjà sur les trottoirs à deux pas de la Madeleine. Le lendemain de l’ouverture officielle, ma curiosité n’a pas hésité à jeter un œil au nouveau temple du design scandinave à petit prix.

Enseigne de décoration préférée des français depuis plus de 35 ans, le nouvel espace de jeu de 4500 m2 pour les décorateurs en herbe a ouvert ce lundi 6 mai à Paris dans le bâtiment autrefois occupé par les 3 Quartiers. C’est une première pour le géant suédois qui s’implante dans un centre ville. Un nouveau concept qui s’apparente plus à une vitrine sur deux étages qu’à un entrepôt gigantesque de périphérie, né de la volonté de se rapprocher de ses clients citadins.

A proximité de la Madeleine et sous la musique des klaxons qui fleurent bon les embouteillages de la place en travaux, les parisiens se pressent devant la porte du magasin. Ils sont si nombreux qu’une file d’attente est organisée au cordeau pour accueillir les visiteurs et l’attente fluide (moins de 10 minutes) est plutôt bon enfant. La clientèle potentielle, à mon grand étonnement, est plus mature que la cible, composée habituellement d’étudiants en phase d’installation accompagnés de leurs parents et de jeunes actifs trentenaires nouvellement parents. Ils ont tous un point commun : ils ne sont pas véhiculés individuellement et privilégient les transports en commun, ceux qui n’atteignent jamais leurs magasins de meubles en périphérie. Alors l’implantation en centre ville est comme une bouffée d’air frais, un soulagement.

Dès l’entrée, je comprends à l’odeur de cuisine que le magasin a l’intention d’attirer aussi ses voisins parisiens pour se restaurer. L’espace café privilégie la convivialité avec de grandes tables en bois et des bancs à partager. Un air de campagne s’installe avec quelques taches de verdure où l’on pique-nique de snacks chauds ou froids servis sur un plateau derrière un comptoir. On y retrouve bien sûr les incontournables du self IKEA avec le saumon gravelax, la soupe de légumes et les cookies au chocolat. Baigné de la lumière des grandes baies vitrées donnant sur la rue Duphot, on y fait volontiers une pause après un panier bien rempli.

Avant le café, on passe par le petit coin de verdure où fleurissent arbustes et plantes en pots. Un passage obligé pour un citadin aux premiers jours de printemps. Les orchidées blanches, mauves ou rosées dont la réputation n’est plus à faire restent la bonne affaire de qualité (de 9,99€ à 19,99€) et ont un succès fou. Parole de jardinière en herbe.

Contrairement aux magasins traditionnels qui guident le badaud dans des allées balisées et planifiées, tout le monde se croise dans un joyeux bazar, des casseroles sous le bras, et le sourire aux lèvres dans cette caverne d’Ali Baba. On n’y pousse pas son caddie mais on traine son panier. Les volumes citadins sont réduits et les virages seraient trop serrés. Les best sellers sobres mais robustes en matière d’art de la table sont bien implantés sur des étagères aérées. Les boîtes de rangement pullulent dans les recoins, pas question de laisser traîner ses affaires. IKEA nous aide à mettre de l’ordre dans notre intérieur, toujours avec style et un budget mini. Le textile tient aussi une bonne place au premier étage et on se réchauffe avec des couettes légères et des coussins moelleux dans des draps aux motifs reconnaissables entre mille. Sans oublier les incontournables bougies qui diffusent un parfum fleuri de rose ou sucré de vanille.

IKEA ne faillit pas à sa réputation : on y vient pour un achat précis et on en ressort avec des babioles toujours utiles à petit prix. Le plaisir de flâner sans se ruiner. Le succès est tel qu’à 16h certains rayons sont déjà dévalisés et le serpent qui mène aux caisses automatiques, 18 au total au rez-de-chaussée, se faufile entre les rayons jusque l’autre bout du magasin. Comme à la porte d’entrée, tout est organisé pour mener le client à bon port et qu’il encaisse son panier. Le personnel souriant et déjà débordé est aux petits soins.

Je tends l’oreille et perçois dans les conversations qu’on y vient en repérage, jauger sur pièce du meuble fonctionnel et design aperçu sur le catalogue distribué gratuitement dans les boîtes aux lettres ou sur le site internet. On y fait du lèche vitrine pour valider le gros panier en ligne. Les cuisines montées sur place s’adaptent aux appartements parisiens et leurs petites surfaces. Un studio tout confort de 23 m2 est aménagé pour prouver que tout a sa place dans un espace même réduit et le tout dans des matériaux de bonne facture, au design léché et aux couleurs douces ou vives selon les goûts. Des écrans géants montrent les collections incontournables du designer suédois comme le dressing PAX grandeur nature. Un gain de place, même dans le magasin. Rien n’est laissé au hasard.

Tack** IKEA ! Tous les ingrédients sont mélangés pour convertir le Parisien à adopter un peu de la Suède dans son intérieur. L’espace de conception en 3D ne manque pas à l’appel et des concepteurs aident les architectes d’intérieur encore novices à faire naître leur projet d’aménagement en grandeur nature dans un espace dédié au premier étage. Habitat, Conforama et le Bazar de l’Hôtel de Ville n’ont qu’à bien se tenir. La nouvelle concurrence qui n’a rien à prouver est toujours aussi redoutable.

*Bonjour !
**Merci !


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